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septembre 11, 2014

Voter avec ses pieds

Partir est parfois nécessaire, Merveille.

Pour quelques minutes, quelques jours, ou toujours.

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Tant mieux si ce message ne s’applique pas à toi aujourd’hui — mais au cas où, je veux dire:

L’autre — ton mari, ta mère, ton patron, ton ami — parle et agit comme il le fait parce qu’il pense sincèrement que c’est ce qu’il a de mieux à dire et à faire. Toujours.

Tu peux parler, écouter, tenter de comprendre, t’appliquer à trouver un terrain d’entente, faire une requête, exprimer ce que tu ressens… Mais rien de tout cela ne garantit une réponse ou un résultat.

Ton désir n’est pas plus en mesure de décider du comportement de ta belle-mère que du mouvement de la météo.

Chacun agit comme il l’entend selon sa propre interprétation d’une situation (ce qui est une bonne nouvelle, la souveraineté de l’autre établissant également la tienne).

Aussi, au lieu de t’escrimer pendant des lustres à tenter de convaincre, au lieu de menacer, supplier, manipuler, forcer — et au lieu de te résigner — tu peux utiliser un pouvoir qui est toujours à ta disposition:

Tu peux voter avec tes pieds.

Tu peux dire oui en restant, ou non en t’éloignant.

C’est un geste d’amour envers soi, qui implique également la reconnaissance de la souveraineté de l’autre.

Cette expression me vient de Paul Richards. Je me joins à lui lorsqu’il dit:

« La meilleure façon de voter est avec vos pieds, et le meilleur usage de votre pouvoir se trouve au bout de vos jambes. C’est ce pouvoir qui importe. Si quelque chose se produit qui n’est pas bien pour vous, partez.

Si des gens ne vous voient pas, ne vous traitent pas, ne vous parlent pas de façon appropriée — et approprié ici veut dire avec respect, considération, sympathie, de façon aimante, chérissante —, alors votez avec vos pieds et partez.

C’est d’abord avec la plante de mes pieds que j’impose le respect. Je vais quitter une pièce si on ne me traite pas bien, ou si des gens autour de moi ne sont pas bien traités. Sérieusement. »

Se sentir « coincé » (dans une situation, ou auprès de quelqu’un) est presque toujours la crainte de ce qui pourrait arriver si on utilisait notre pouvoir. Et le refus de choisir entre rester ou partir, entre dire oui ou dire non.

S’éloigner quand rien de mieux n’est possible dans le moment n’est pas l’aveu d’une défaite. C’est la manifestation de notre souveraineté la plus fondamentale, elle-même garante de notre intégrité.

La terre est vaste, ça tombe bien.

Ton allié,

Yan

Photo: Amarit Opassetthakul