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avril 24, 2015

Une idée révolutionnaire

À l'envers, Yan Muckle 2015

À l’envers, Yan Muckle 2015

Je ne sais pas si tu as remarqué, Merveille: dans la littérature et au cinéma, un protagoniste ne change que lorsqu’il y est obligé. Quand il n’a plus le choix. Après bien des détours.

Et encore, il va changer le moins possible: le minimum qu’il croit nécessaire pour obtenir ce qu’il veut ou faire disparaître le problème. En se limitant bien souvent à plusieurs pseudo-changements qui ne mènent à rien ou compliquent encore davantage les choses.

Pourquoi les scénaristes et les auteurs conçoivent-ils ainsi leurs histoires? Parce que cela permet de faire durer le plaisir pour le lecteur/spectateur. Voir sur un écran quelqu’un chercher son chemin, patauger dans le marécage de ses illusions et souffrir des conséquences de ses actes est une façon sécuritaire de mesurer notre propre situation précaire. Et d’apprendre des erreurs de nos semblables sans risquer nous-même notre peau.

Demain

Et voilà autre chose que les auteurs et scénaristes ont remarqué: changer le moins possible, c’est ce que nous faisons tous. Éviter de changer. Résister au changement. Faire semblant de changer en se convaincant que ça va tout de même faire une différence. Regarder dans l’autre direction. Changer de masque en espérant que la vie soit dupe.

Dans un monde où le changement apparaît aussi menaçant que nécessaire, moi aussi je suis d’accord pour évoluer et changer — mais demain, s’il-vous-plaît. Ok? Please?

« Bien sûr mon coco, je vais t’attendre », répond la Vie (jamais).

Une autre possibilité

Donc changer est inconfortable. Changer nous amène tout droit dans l’inconnu, et l’inconnu fait peur — on ne sait pas « ce qui va arriver ».

Les histoires diminuent notre anxiété en la mettant en scène. Elles exposent notre désir de stabilité, de sécurité dans un monde où le changement est une constante et les certitudes sans cesse menacées. Maintenant que le rythme s’emballe, je ne suis pas surpris que notre soif d’histoires soit plus grande que jamais.

Sauf que regarder la tragi-comédie du changement telle que mise en scène par Holywood ou ton romancier favori ne sera pas suffisant. Voici ce qui serait révolutionnaire:

Ne pas attendre avant de changer.

Socialement, bien sûr — mais d’abord et avant tout (parce que ça commence là) individuellement.

Ne pas attendre la catastrophe. Ne pas attendre la crise cardiaque, la séparation, la banqueroute, la dépression. Ne pas attendre les regrets.

Voici ce qui serait différent: embrasser le changement comme la meilleure chose qui puisse nous arriver. Faire comme le surfeur qui nage vers la vague qu’il voit poindre au loin, confiant que son anticipation va lui permettre de se mettre debout et de bientôt voler.

Suivre la piste des possibles… Aller vers ce qui serait merveilleux… Ce serait une meilleure histoire que celle de celui qui attend d’avoir de l’eau au menton avant de se dire qu’il devrait apprendre à nager, non?

Moins passionnante à regarder, peut-être, mais plus intéressante à vivre.

Merci et bonne fin de semaine,

Yan