Image
Top
Navigation
mai 25, 2015

Une danse qui veut se danser

Hier après-midi, j’assistais au spectacle de danse annuel donné par les élèves de l’École de danse de Québec. J’étais là pour voir ma fille chérie, bien sûr, comme les centaines d’autres parents.

Oui, dans un spectacle de ce genre il y a beaucoup de maladresses, sans parler des choix souvent plus que conventionnels faits par les instructeurs/chorégraphes… Mais ce qui m’a frappé et ému plus que tout (hormis la grâce et l’endurance de Madeleine, qui dansait malgré une grippe carabinée), c’est la force de la vie qui voulait se danser à travers chacun de ces corps.

Là j’ai pu voir et sentir à nouveau, à travers les tourbillons et les déploiements, ce fait irréductible: ce qui nous anime veut s’exprimer envers et contre tout. Nous brûlons de participer. Nous sommes cette danse qui veut se danser.

C’est vrai même dans le malheur et les difficultés, où que ce soit sur la planète: tant que la vie nous anime, celle-ci veut se révéler — par le mouvement, par les mots, l’art, l’invention, la caresse.

Nous révéler à nous-même et à ce qui nous dépasse est en vérité notre seul et unique véritable travail. Celui qui tentera toujours de se frayer un chemin à travers nos détours. Celui qui pousse des enfants, des jeunes et des moins jeunes à monter sur scène pour sauter, tourner en rond, s’élancer et saluer.

Et lorsqu’on n’est pas en train de danser, de quoi a-t-on généralement le plus envie? De voir danser. On s’assoit dans la salle, on regarde la danse se danser pour nous — toute cette énergie, cette beauté qui se déploie —, puis on s’incline en applaudissant.

Il n’y a rien de plus beau que cette force irrépressible qui fait onduler les corps.

Merci,

Yan

Photo: Madeleine qui danse, @Yan Muckle 2016