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août 14, 2014

Temps d’arrêter?

Merveille,

Tu tombes probablement sur ce message alors que tu es très occupé. Tu n’as pas de temps à perdre. Tu parcoures ton fil Facebook, passes en revue ta boîte de réception débordante, le doigt sur Delete, ou tu te promènes d’une page à l’autre sur le grand livre du web.

Suivant, suivant, suivant.

Un de ces moments, de ces petits passages à vide qu’on décide de remplir en se proposant de régler son compte à un maximum de messages. Peut-être que l’un d’entre eux sera suffisamment intéressant (ou bizarre) pour retenir ton attention quelques secondes.

Ça donne l’impression de faire quelque chose d’utile, pas vrai? Et en même temps ça laisse souvent cet arrière-goût d’insatisfaction qui, peut-être, peut-être, sera comblé par la prochaine page, le prochain message, ou l’autre juste après.

Suivant, suivant, suivant.

Je me demande si ce ne serait pas le moment de se réveiller, de s’arrêter. De lever la tête. De regarder autour.

C’est le genre de message que j’aimerais trouver sur mon chemin, parfois, alors que je suis engagé dans ma tournée routinière de « je-vais-voir-si-j’ai-des-messages ». Comme une petite tape sur l’épaule, qui me ferait me réveiller soudain, me tirerait de la torpeur dans laquelle je suis sombré malgré moi.

Mais, bien sûr, c’est aussi le genre de message que je serais fort susceptible d’ignorer. Je le lirais, je ferais « hmm », je cliquerais sur « archiver », et je passerais au suivant sans lever la tête.

Parce que même si j’aime à croire le contraire, la plupart du temps je ne veux pas vraiment être dérangé. Je suis trop occupé à faire suivant, suivant, suivant, trop occupé à être occupé, à passer à travers le fil interminable des messages qui me sont envoyés pour une raison ou pour une autre.

Mais bon, disons que peut-être par miracle je répondrais à l’invitation. Je m’arrêterais. Je lèverais la tête. Je respirerais. J’oublierais que je suis occupé et je regarderais autour de moi. Je regarderais vraiment.

phone-at-sea

Et je trouverais ça beau.

Créons ce que nous aimons,

Yan

photo: Vanessa Naylon