Image
Top
Navigation
juillet 6, 2015

Quand il y a trop de choses à faire

gandhi
Merveille,

Pendant longtemps, j’ai cru que la meilleure façon de voir clair était de plisser les yeux davantage. Que la seule façon d’arriver à « faire tout ce qu’il y a à faire » était de suspendre mon souffle et de presser le pas.

Je sais aujourd’hui que la meilleure façon est au contraire de me détendre. De placer mon attention sur ce qui se trouve devant moi. De détendre mon front, d’allonger le souffle. D’accueillir ce qui est là… De me rendre compte que tout est OK… Et de faire ce qui apparaît juste, maintenant.

Mais ça ne me vient pas tout seul. J’ai « beaucoup de choses à faire » cette semaine. Dans deux jours je vais quitter mon appartement pour passer une semaine à Montréal, où je suis « censé » travailler à mon roman en chantier. Je vais t’épargner la liste des choses que j’ai à faire d’ici là, mais disons seulement que je suis loin d’être prêt.

Et le roman — ah, je ne sais pas où je m’en vais avec cette bête. Me lancer dans une rédaction, maintenant? Impensable. Et puis il y a la lettre (à produire quotidiennement, au moins jusqu’à la fin des 100 jours, le 14 juillet)…

Je voudrais ne pas avoir à me soucier de trouver quelque chose à écrire pour la lettre durant cette semaine — mais je n’ai pas fait ce qu’il aurait fallu pour avoir vraiment de l’avance. Je me retrouve donc avec des lettres à écrire et le désir de pouvoir me consacrer à autre chose. Je regarde les ébauches de lettres, les idées éparses, les fragments, et je ne sais pas trop où donner de la tête. Je suis contrarié.

J’ai envie de plisser les yeux. De presser le pas, de m’activer frénétiquement. Et bien sûr de procrastiner, pour échapper à la pression que je m’auto-impose. De me reprocher de ne pas avoir pris plus d’avance. Etc.

Gandhi à la rescousse

Alors je pense à Gandhi (dont l’autobiographie, sous-titrée « Mes expériences de vérité » vaut largement le détour). À un journaliste qui lui demandait un jour comment il pouvait trouver le temps de méditer une heure par jour, lui qui était si occupé, Gandhi avait répondu:

« Si je suis occupé à ce point, je crois que je vais devoir méditer deux heures plutôt qu’une. »

Si je suis pressé au point que j’ai tendance à plisser les yeux, je vais détendre mon front. Si j’ai tant de choses à faire que je veux tout faire à la fois, je vais ralentir et faire une chose comme si j’avais tout le temps du monde à lui consacrer.

Si je suis embêté par toutes les lettres que je « devrais déjà avoir écrites », je vais respirer et laisser venir à moi celle qui veut venir maintenant. Juste celle-là.

Ce qui, tiens donc, vient juste de se produire 😉

Bon lundi,

Yan