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juin 30, 2017

Momentum

Momentum: rien de plus important quand on tente de créer, surtout si notre projet implique un effort soutenu sur une longue période de temps. Rien de plus précieux que de pouvoir bénéficier d’un air d’aller qui nous aide à continuer à avancer même quand les conditions sont contraires.

Le momentum, c’est justement ce que j’ai perdu il y a quelques mois lorsque j’ai arrêté de publier cette lettre. Je l’ai fait délibérément — je voulais consacrer 100% de mon attention et de mon temps à faire une nouvelle ronde de recherche sur le cancer, et revoir de fond en comble mes protocoles —, mais quand j’en ai eu fini deux mois plus tard, c’en était aussi fini du momentum qui jusque là m’avait permis d’écrire et de partager cette lettre sur une base régulière, en dépit d’une énergie limitée.

J’ai donc passé les quelques mois suivants à ne pas écrire. J’avais l’impression d’être un vieil homme à la retraite qui n’a pas de grand but dans la vie hormis de passer le temps et de prendre soin de sa santé.

Ma recommendation: maintiens coûte que coûte un minimum de momentum dans ce qui constitue la pratique centrale de ton art, même si la vie semble vouloir te tirer dans toutes sortes de directions qui rendent ce minimum de pratique tout sauf pratique.

Et si tu décides de t’arrêter pour un temps, sache que ce temps risque de s’étirer bien au-delà de ce que tu anticipais, et que le retour va être rude. Les courbatures, la maladresse, la raideur de l’athlète qui revient au jeu après plusieurs mois d’arrêt complet? Même chose. Il faut compter plus de temps que l’on souhaiterait pour retrouver une compétence passable, et encore plus de temps pour retrouver l’aisance et la fluidité d’autrefois.

Il y a un prix à payer pour avoir laissé mourir le momentum qui nous gardait au jeu. Heureusement, la solution est simple: se remettre en mouvement, même gauche, même raide, en sachant qu’il n’y a pas d’autre voie pour retrouver un minimum de momentum et se sentir à flot à nouveau.

Alors voilà, Merveille: je recommence à écrire et partager cette lettre!

Yan

P.S. Dernières nouvelles de Yan:

  • Comme je disais, j’ai revampé et renouvelé tous mes protocoles. Quand je quitte mon appart pour quelques temps, je me trimballe désormais avec tout un fatras d’appareils qui me permettent de m’auto-administrer un traitement hyperthermie-ozone-oxygène.
  • Fin mai, j’ai assisté aux É-U à un atelier portant sur une méthode de « healing » particulièrement efficace (selon plusieurs recherches faites dans différentes universités américaines) avec le cancer. Depuis, je pratique la chose et surtout je travaille avec un praticien qui m’a été recommandé.
  • Je m’oriente plus que jamais, mentalement parlant, vers la guérison.
  • J’ai subi hier une opération visant à sauver mes reins, qui ne fonctionnaient presque plus — la tumeur principale écrasant les urtères, qui permettent à l’urine de passer des reins à la vessie. Je suis donc l’heureux détenteur d’une double néphrostomie, autrement dit un drain enfoncé dans chaque rein, qui s’écoule dans un sac harnaché à la cuisse. Très très classe. Aujourd’hui j’ai mal aux reins et ce n’est pas une figure de style.
  • J’ai recommencé à coacher, sur une base limitée. Rien ne me sert autant que d’être au service de quelqu’un d’autre. Si tu connais quelqu’un qui fait face à un tournant majeur, ou un projet d’envergure, ou qui doit relever un défi apparemment insurmontable (incluant la maladie), fais-moi signe: je pourrais être intéressé à parler à cette personne.

À bientôt!