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avril 24, 2014

Liste de ce qui n’est pas nécessaire

Bien des choses sont au bout du compte superflues quand il s’agit de créer ce qui nous tient à coeur — une nouvelle entreprise, un roman, une carrière, une façon différente d’utiliser son temps…

Et bien des choses ne sont clairement pas nécessaires pour éprouver un sentiment de plénitude et être heureux.

Voici deux courtes listes-rappels à mon attention tout autant qu’à la tienne, Merveille. Pour ne pas attendre en vain.

Préalables superflus pour créer:

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Pas besoin d’être heureux ou même particulièrement bien disposé. Pas besoin de circonstances ou conditions spéciales, hormis celles qui sont en mon pouvoir. C’est en mon pouvoir de me calmer si je suis énervé, de me centrer si je suis dispersé, de me rassurer si je suis inquiet. Et même si je ne suis pas dans mon état « optimal », je peux poser des gestes, je peux avancer (et oublier du même coup que je ne suis soi-disant pas à mon meilleur).

Pas besoin d’être inspiré. L’inspiration finit toujours par apparaître si je fais seulement acte de présence et que je prête attention.

Pas besoin de savoir exactement où on va. Je n’ai pas besoin de connaître les coordonnées exactes de l’endroit où je veux aller pour me mettre en route. Suffit que je sache à peu près dans quelle direction diriger mes pas. Et que je joue ensuite au jeu du « tu chauffes, tu refroidis » avec ma boussole intérieure.

Pas besoin d’argent. Même si j’aurai peut-être besoin de ressources financières à un certain point, ce n’est presque jamais requis pour la prochaine action à poser, celle qui se trouve devant moi.

Pas besoin d’avoir du temps. Personne ne possède ce luxe qui consisterait à « avoir du temps ». Tout le monde est par contre libre de choisir comment il utilise son temps, et donc libre d’en allouer une toute petite partie (ou une grande) à ce qui est particulièrement important. Ce à quoi je dis non libère du temps pour ce à quoi je souhaite dire oui.

Pas besoin d’être prêt. Je ne serai jamais prêt à entrer dans l’inconfort. Mais je peux être d’accord pour le faire. Il me suffit de décider d’accorder plus de poids à mon désir d’apporter un changement, de créer du nouveau, qu’à celui de me maintenir dans le status quo et le confort. Une décision que je suis libre de prendre, ou pas, à tout moment.

Pas besoin d’avoir confiance. La vérité est que le succès de mon entreprise n’est pas assuré. Ce qui n’est pas si important puisque la véritable question n’est pas « est-ce que je le peux? » mais « est-ce que je regretterais de ne pas l’avoir tenté? » et « est-ce que j’en ai envie? »

Conditions inutiles pour être heureux:

happyPas besoin d’avoir accompli ou réussi quoi que ce soit. Le désir d’accomplir certaines choses, de réussir dans certains domaines est tellement fort qu’il est presque inévitable de tomber dans le panneau et de me mettre à croire que je serai heureux quand j’aurai réalisé X ou accompli Y. Ce qui est bien entendu de la connerie. Deux jours après avoir terminé le roman que je souhaite écrire, je ne serai pas plus heureux que je le suis aujourd’hui.

Le bonheur n’est pas une affaire d’accomplissements.

Pas besoin d’argent. Je souhaite comme tout le monde vivre confortablement, avoir à ma disposition plus d’argent et de ressources que pour assurer le strict nécessaire. Avoir de l’argent est formidable! Reste que ma capacité à être heureux maintenant n’a rien à voir avec les ressources dont je dispose ou ne dispose pas.

Le bonheur n’est pas une affaire de préférences exaucées.

Pas besoin de savoir ni de comprendre. Savoir où je vais, comprendre pourquoi, saisir dans le creux de ma paume le sens que je donne au mouvement incessant de l’univers — cela finit toujours par me couler entre les doigts. Le mystère est plus dense que ma capacité à le pénétrer.

Le bonheur n’est pas une affaire de certitude.

Pas besoin. L’essence même de la plénitude est qu’elle est déjà là, tout le temps, quelles que soient les circonstances.

Le bonheur n’est pas une affaire de circonstances.

En somme:

Dès que je m’imagine que je serai plus heureux plus tard, après que telle condition aie été remplie, je deviens sourd et aveugle à la plénitude imbriquée dans le tissu de chaque moment, ici, maintenant.

smiling-manJe n’ai pas besoin de créer pour être heureux — et ça tombe bien, parce que je n’ai pas non plus besoin d’être heureux pour créer. Je peux simplement avoir envie de le faire, comme un oiseau chante parce qu’il a envie de chanter.

photos: Charles Henry, dhilung, Jonathan Kos-Read