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mai 28, 2016

Le pouvoir d’un sprint

Je voulais écrire hier, mais je me sentais las avant même d’avoir accompli quoi que ce soit. Bah, me suis-je dit, je n’arriverai pas à grand-chose aujourd’hui. Ma seule envie était de m’affaler avec un livre ou de relaxer dans un bain.

Franchement, c’est ce que j’aurais fait si j’avais été seul. Mais je ne l’étais pas; j’avais rendez-vous virtuel avec quelques personnes disséminées à travers le monde pour un sprint de travail. Je me suis donc mis au boulot en me donnant la permission d’abandonner en cours de route si le besoin de dormir était trop fort, ou si mon cerveau avait la souplesse d’une pierre.

Mais je me suis surpris moi-même: pendant six heures de travail concentré, j’ai rédigé et corrigé deux longues lettres. Comment? En profitant du momentum et de l’énergie générée par la façon dont j’ai travaillé et, peut-être plus important encore, par la présence des autres qui oeuvraient en même temps que moi.

J’écris ces mots lors du deuxième jour de ce sprint de travail en petit groupe. Voici comment ça marche:

Pendant deux jours consécutifs, nous travaillons en même temps, chacun à son projet, pendant six heures d’affilée: 30 minutes de travail concentré, suivi de 10 minutes de pause, et ce huit fois de suite.

Avant chaque cycle de travail, nous prenons le temps de noter quelques éléments-clés: ce que nous avons l’intention d’accomplir durant ce cycle; de quelle façon précise nous allons commencer; s’il y a des obstacles ou dangers présents; et notre niveau d’énergie physique/mental au moment de débuter. De façon similaire, on fait un court bilan après chaque cycle de 30 minutes. Du début à la fin, on reste en lien les uns avec les autres par vidéoconférence, et on échange pendant les pauses.

C’est la deuxième fois que je fais de tels sprints, et les résultats sont remarquables. Je produis beaucoup plus de cette façon que lorsque je vais mon petit bonhomme de chemin tout seul. Trois raisons principales me viennent à l’esprit:

  • Clarté. Définir clairement l’objectif pour les deux jours ainsi que les distractions/dangers/problèmes possibles, et faire de même lors de chaque cycle de 30 minutes, génère une clarté qui mène directement à un surcroît d’efficacité.
  • Alternance. Travailler pendant une période bien définie, suivie d’une période également circonscrite de repos, accentue dramatiquement l’intensité de la concentration (c’est le principe de la fameuse méthode pomodoro). Cela allonge également le nombre d’heures durant lesquelles des progrès concrets peuvent être accomplis — parce qu’on prend le temps de se reposer/se changer les idées chaque demi-heure.
  • Groupe. Savoir que nos objectifs sont visibles par les autres participants, et travailler de concert avec eux, accroît fortement la propension à suivre le rythme et à donner le meilleur de soi. Que l’on appelle ça « pression sociale » ou « effet d’entraînement », ça marche. Quand je suis seul, je remarque que je suis moins intensément concentré lors des cycles de travail, et que j’étire paresseusement les pauses, dissipant ainsi ma concentration. Je me fatigue et me décourage également plus vite.

Ce dernier élément m’apparaît le plus important. En tant que créateurs, travailleurs autonomes ou entrepreneurs, nous travaillons souvent seuls, chacun dans notre coin, ce qui nous prive de la synergie produite par un effort commun (et, de surcroît, synchronisé). Le plus étonnant, c’est que cet effet peut être obtenu même avec des gens que l’on ne connaît pas et qui travaillent chacun à des projets fort différents.

Les résultats sont suffisamment probants pour que je veuille répéter de façon régulière l’expérience avec mes futurs amis de la Bande à Merveille (qui va voir le jour très très bientôt!). Rien de tel pour faire, en un court laps de temps, des progrès significatifs sur un projet qui nous tient à coeur… Rien de tel pour développer de meilleures méthodes de travail, de nouvelles façons de gérer son énergie et d’approcher un projet complexe… Et rien de plus agréable!

Yan

P.S. Dans deux jours je m’envole pour l’Islande! Excité…

Photo: Plan, @Yan Muckle 2016

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