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juillet 2, 2017

Gratitude pour l’air du temps

Je me lève courbaturé, le corps déjà vieux après une nuit de sommeil hachuré. Titube jusqu’à la cuisine, boit un verre d’eau fraîche qui me fait l’effet d’un baume. Mais j’aurais bien besoin d’un baume qui vienne me caresser de l’extérieur aussi — et c’est alors que je vois qu’il pleut très légèrement sur la terrasse.

Je sors et fais quelques pas le long de la maison, à l’abri des gouttes grâce à l’auvent. Et la symphonie d’odeurs et de bruits me saisit — odeur prégnante de pluie, de sapins, de feuilles, de fleurs, chants des oiseaux, des grenouilles, bruissement des feuilles tout en haut des arbres… Merveilleux. Enivrant.

Je vais me chercher un coussin et je m’installe au plus près du mur, pour être épargné par la pluie tout en jouissant de ce baume version nature. Je médite là, laissant les odeurs, les chants se mêler à ma respiration, aux murmures de mes pensées, inspirant plus à fond que d’habitude par désir d’inhaler, de prendre et de garder en moi un maximum de cette fraîcheur vitale. Quel bonheur de simplement être vivant, de participer à la création, respiration + odeur de sapins, immobilité du corps + chant des oiseaux…

Un peu plus tard, après le petit-déjeuner, l’inconfort me rattrape; je ne sais plus trop dans quelle position m’asseoir pour être bien, le cul m’élance, je soupire, au bord de l’exaspération.

C’est un « petit bain » qui vient me sauver. Pas un « grand bain » dans lequel je me laisserais tremper en entier — je ne peux plus faire ça maintenant que les pansements qui entourent les tubes branchés dans chacun de mes reins doivent demeurer secs en tout temps. Alors je me fais couler un petit bain, juste assez pour me tremper les fesses, les jambes et le bassin. Et c’est bon, tellement bon, cette chaleur qui me pénètre, qui lave mes membres des courbatures de la nuit.

J’en sors tout ragaillardi, le corps chaud, les membres assouplis. Juste ce qu’il me fallait pour continuer la journée, réchauffé par le fait que l’irritation a fait place, pour l’instant du moins, à la gratitude.

Et toi? Quels moments simples de récupération et d’appréciation vas-tu glisser dans ta journée?

Merci,

Yan