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juillet 17, 2014

Entrer dans le jour avec énergie et courage

Merveille,

Voici comment je réussis chaque matin à me surprendre plus courageux et me découvrir beaucoup plus vital que lorsque je m’étais levé.

dawn

Je te mets au défi d’essayer ce qui suit.

J’ai beau émerger du sommeil gommé, pâteux, amorphe, endolori, je sais que quelques minutes plus tard je vais péter le feu. Que je vais m’extraire de ma peau vieille de 47 ans et retrouver celle mes dix ans.

Content d’être en vie. Enthousiaste. Pétillant. Avec l’envie de pousser des cris et de chanter (pas vraiment l’état d’esprit qui m’habite quand je titube vers la salle de bain après m’être extirpé du lit).

Je me sens aussi — sur le moment du moins — capable de faire face à tout ce que la vie va lancer dans ma direction. Je suis totalement réveillé, allumé, prêt à commencer la journée.

Avant que je dise de quoi il s’agit, quelques notes préliminaires:

  • Cela ne prend que quelques minutes.
  • Maintenant est le moment idéal pour commencer (dans l’hémisphère nord du moins).
  • Cela ne comporte aucun risque, sauf peut-être si tu souffres d’une crispation aigüe du dos ou que tu es au bord de la crise cardiaque.
  • Une pratique régulière renforcit admirablement le système immunitaire, augmente la tolérance à la douleur et combat la fatigue chronique.
  • D’autres recherches suggèrent que cela aide également à perdre du poids.
  • Enfin, l’effet anti-dépresseur est immanquable.

Si je tourne autant autour du pot, Merveille, c’est que je peux déjà t’entendre dire: « Ah non, ça non, pas moi, je ne ferai jamais ça, non merci! »

Je prends donc mes précautions en mettant bien l’accent sur les avantages et les plaisirs associés à la chose. Juste pour que tu ne rejettes pas d’emblée la possibilité de faire l’expérience pendant au moins dix jours d’affilée. Question de voir si, oh surprise, ça pourrait te plaire après tout.

« Ok, accouche donc Yan. »

D’accord. Donc, sans plus tarder, ce que je fais et que je t’invite à essayer, c’est:

Prendre une douche froide au réveil

Ouais, je sais. Pas très excitant comme perspective. Ce n’est pas pour rien qu’on dit « j’ai reçu une douche froide » quand nos attentes sont cruellement déçues.

Qui serait assez masochiste pour s’infliger la torture d’une douche froide à peine tiré des bras de Morphée? Surtout si on est frileux, pas vrai?

Précisément.

Je me suis toujours considéré extrêmement frileux — c’est pourquoi j’ai toujours détesté l’hiver, pendant lequel j’ai constamment les mains et les pieds glacés.

Sauf l’hiver dernier.

L’hiver dernier a été particulièrement rigoureux ici, à Québec. Mais je ne me souviens pas d’avoir été si peu éprouvé, si peu poussé dans mes retranchements que durant cet hiver où j’ai maintenu matin après matin cette habitude d’exposer mon corps à un jet d’eau glacée.

Merci pour le stress

Ce qui n’est pas surprenant, quand on sait que l’exposition au stress produit par le froid induit:

  • (après une minute) de la thermogenèse, c’est-à-dire que le corps se met à produire de la chaleur;
  • (après quelques semaines) un processus d’habituation, c’est-à-dire que le corps s’adapte à la nouvelle situation.

C’est ce qu’on appelle hormèse: l’exposition répétée à un agent stresseur qui, pris en dose légère, permet un renforcissement de l’organisme.

Pourquoi je continue

J’ai fait l’essai de la chose en mai 2013 et n’ai sauté qu’un seul matin depuis. Même si je suis frileux et pas particulièrement courageux (ni maso).

En fait, je devrais dire: parce que j’ai tendance à être frileux et parce que je ne me considère pas particulièrement courageux.

Au début, le défi était réel. Même si je savais fort bien que je ne risquais rien, mon corps semblait croire le contraire, et faisait tout pour me persuader que ce n’était pas une bonne idée. Que je ne le supporterais pas. Que ce serait « trop froid ».

En vérité, c’était bel et bien « trop froid ». Mais je pouvais le faire tout de même. D’abord en exposant le visage. La tête. Puis le corps en entier, pour une minute de danse de Saint-Guy et de cris alors que je me savonnais et me rinçais furieusement.

J’en ressortais chaque fois avec une indescriptible bonne humeur ainsi qu’un capital de vigueur et de courage — parce que, au bout du compte, j’avais bel et bien été capable.

De une minute je suis passé progressivement à cinq minutes. Durée que j’ai raccourci légèrement pendant l’hiver, où j’ai cessé de compter (et pendant lequel j’ai ajouté un léger filet d’eau chaude pour que l’eau atrocement froide en hiver ici au Québec redevienne tolérable).

Et je continue un peu plus d’un an plus tard pour le pur plaisir de la chose — même si, avant d’ouvrir le robinet, j’ai toujours une pensée qui me dit « ah non, pitié, je n’ai pas envie de subir ça ce matin! ».

La pensée vient, mais ça ne change rien. J’ouvre le robinet, et c’est parti.

shower

Défi

Alors, partant pour un défi?

Allez, c’est l’été, il fait chaud de toute façon, c’est facile.

Défi: essayer pour dix jours. En commençant par une minute, puis en augmentant de 15 secondes chaque jour jusqu’à atteindre quatre ou cinq minutes.

Sensations fortes et bonne humeur garanties…

Je serai curieux d’en avoir des échos!

Yan

p.s. Merci à Todd Becker pour m’avoir introduit aux douches froides et aux principes de l’hormèse, et à Joel Runyon pour la poussée initiale. Lecture recommandée pour ceux qui veulent en apprendre plus avant de « plonger »…

photos: Panayiotis Filippou, derekbruff