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mai 14, 2015

En service ou hors service? (Meilleures questions 3)

Cible
Merveille,

Quand on a l’impression de dépenser des tonnes d’énergie pour pas grand-chose… Quand les vents contraires nous épuisent et que la lutte nous apparaît futile… Quand le réel nous résiste trop longtemps, on en vient à se demander:

À quoi est-ce que ça sert?

Ou, pire: à quoi est-ce que je sers?

Sous-entendu: je ne sers à rien, ça ne donne rien, ça ne vaut pas la peine. On se sent alors aussi énergisé qu’un vieux chiffon, aussi sexy qu’une crotte, aussi utile qu’une machine distributrice hors service.

Je crois que, même si on ne se l’avoue pas trop, l’affaissement intérieur qui accompagne les pensées cristallisées dans cette question du à-quoi-ça-sert viennent de la réalisation désagréable que ça ne me sert pas à moi. J’ai beau me démener, je n’en retire pas l’approbation, l’amour, la reconnaissance, la sécurité que j’en espérerais.

J’avais beaucoup d’espoirs, et donc de l’enthousiasme quand je me suis lancé dans cette galère, mais là, franchement, j’en ai plutôt marre. Et plus je me pose cette question, plus je suis convaincu que non, ça ne vaut pas vraiment la peine. Ça ne sert à rien.

C’est vrai, quoi: à quoi ça sert, dans le fond?

Une meilleure question

Qu’est-ce que je veux servir? Qu’est-ce que je peux servir?

Dit autrement: qu’est-ce qui me dépasse et que j’aime suffisamment pour vouloir me mettre à son service? Quelle valeur, quelle cause, quel amour vaut la peine que je le serve de toutes mes forces et de toutes mes énergies?

La première question est centrée sur moi; la seconde, sur « autre chose » que moi.

Alors, quand je suis déprimé et que mes efforts ne semblent pas porter fruit: suis-je en service ou hors service?

Trois illusions se dissipent si je pose la meilleure question:

  • L’illusion de mon impuissance: si je suis hors service, rien ne m’empêche d’y remédier à l’instant.
  • L’illusion que le sens de ce que je fais est lié au résultat: quand je suis au service de quelque chose qui me dépasse, il n’y a pas de ligne d’arrivée, pas de résultat final.
  • L’illusion que je suis au centre de tout ça: ce n’est pas à propos de moi, c’est à propos de ce que je sers.

À question neuve, regard neuf: l’accablement se dissipe pour être remplacée par la joie tranquille de savoir que je sers ce que je sais au fond de mon coeur être important.

Et je me remets en mouvement. Je suis de nouveau en service.

Merci,

Yan

Photo: Cible, ©Yan Muckle 2015