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juin 5, 2014

Dire non pour mieux dire oui

C’est la chose la plus difficile au monde, je trouve. Dire non. Le plus difficile de tout: dire non à ce à quoi on avait dit oui auparavant, quand ça avait du sens, quand on croyait que c’était une bonne idée.

Dire non. Éliminer. Réduire le bruit. Mais pourquoi?

Pour dire oui à autre chose. Pour passer d’un sentiment d’éparpillement à une impression d’harmonie. Pour mieux entendre la vraie mélodie.

Mais c’est si difficile, pas vrai? Encore et encore je me surprends à faire toutes sortes de contorsions pour éviter de choisir. Pour ne pas avoir à dire non, pour ne surtout pas être obligé de renoncer à des possibles, à des peut-être, à des un jour.

Beaucoup ont de la difficulté à dire non à des gens. Par peur d’être rejeté, exclus. Ils finissent par remplir leurs jours des urgences des autres et à perdre de vue ce qu’ils veulent vraiment.

Moi c’est aux possibilités que j’ai du mal à dire non. Par crainte de manquer. Ce qui m’amène périodiquement à suffoquer sous la masse de sources d’information, de projets entamés, d’idées en germe. Et à devenir diablement inefficace.

Alors vient le moment où il faut couper. Simplifier. Respirer un bon coup, pour prendre courage, et éliminer. Simplifier.

Il faut des abdos de samouraï pour trancher dans le vif de toutes les tentations qui nous assaillent de nos jours. Pour faire face à l’hydre dont une tête se nomme Facebook, une autre Google, et une autre Youtube — parmi bien d’autres.

Éliminer pour voir clair.

Éliminer pour respirer.

Éliminer pour faire de l’espace.

Enlever de la vue, au moins, à défaut d’éliminer pour de bon.

Aujourd’hui je vais dire non le plus souvent possible.

Pour dire oui à quoi? Oui à l’espace mental nécessaire pour créer. Oui à écrire ce que je veux écrire. Oui aux conversations riches avec d’autres personnes qui veulent créer plutôt que réagir sans cesse au fatras qu’est devenu leur vie.

Un exemple simple: un rapide petit tour par unroll.me, et je me suis désabonné de 175 listes d’envoi qui avaient fini par faire enfler démesurément ma boîte de réception.

Et toi, Merveille? Que peux-tu éliminer pour mieux créer ce qui t’importe vraiment? À quoi auras-tu le courage de dire non pour mieux dire oui?

Pour poursuivre dans le sens de cette lettre, je vais désactiver les commentaires sur le site. Pour me rejoindre: courriel!)

Yan