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mars 27, 2014

Créer plus, réagir moins

Merveille,

Je me demande: sais-tu vraiment bien ce que tu veux? Ce que tu cherches à créer?

Ce qui t’importe plus que tout le reste? Ce à quoi tu veux consacrer tes forces et tes énergies pendant qu’il est encore temps?

Si oui, fantastique. Tu peux bénéficier pleinement du turbo qu’une telle clarté procure. Tu peux profiter de la simplification radicale qu’une vision claire établit dans une existence qui, autrement, ressemblerait à un fatras (ou à une page Facebook).

Dans mon cas, cette clarté a presque toujours été élusive, aussi fantasque et prompte à se dérober que la Muse.

Et on dirait que j’ai périodiquement besoin de refaire le point, sous peine de me trouver perdu dans une forêt étrange qui s’appellerait « ma vie ».

Ces dernières semaines, je me creuse les méninges pour arriver à voir clairement et formuler succintement ce qui m’apparaît comme la pierre angulaire de mon activité présente. Ce que je souhaite pour toi et pour les autres qui lisent cette lettre. Ce que je souhaite pour le monde. Et pour moi-même.

À quoi je veux servir d’instigateur, de catalyseur, de fomentateur. À quoi je veux servir tout court.

(Avec en arrière-plan cette pensée: si je ne suis pas « en service », suis-je hors-service?)

Pourquoi je me pose ces questions? Parce que j’éprouve le besoin de savoir dans quelle direction j’oriente mes pas, même si au bout du compte cela s’avère arbitraire. Parce que j’ai souvent vu, chez moi-même comme chez ceux avec qui je travaille, l’impact immédiat d’une clarté renouvelée.

Qu’est-ce qui est important?

Ma première réponse, qui vient tout de suite: l’amour.

Tout découle de ça, rien n’a de sens sans ça. Rien d’autre n’est vraiment important, pas vrai?

L’amour, et la plénitude indestructible qui sature chaque instant en arrière-plan, chaque souffle, chaque parcelle de vie.

drops

Mais c’est un peu trop flou, un peu trop général pour servir d’orientation créatrice vraiment utile. Bien sûr l’amour — mais qu’est-ce que je fais avec/par amour? De quelles façons l’amour s’exprime-t-il à travers moi, ce véhicule bizarroïde et unique qui porte mon nom? Comment cela oriente-t-il mes pas?

Autrement dit: qu’est-ce que je veux créer?

Ton brouillon est ta mission

L’univers a le sens de l’humour.

La preuve: ce fait étrange mais potentiellement salvateur qui fait que notre « brouillon » — ce avec quoi on se débat, ce qui nous a posé le plus de fil à retordre au fil des ans — est le terreau sur lequel croît éventuellement notre « mission ».

C’est ce qui m’arrive.

Ce avec quoi j’ai le plus lutté pendant mes 46 années d’existence — la capacité à créer sans tension inutile, sans combat superflu, en prise avec les autres et la réalité — devient ce que j’ai de plus précieux à partager. Non pas qu’il ne m’arrive plus de lutter. Mais j’ai gagné en liberté, en aisance, en compréhension.

Je suis mieux (et plus fréquemment) « aligné », ce qui me permet de me concentrer plus sur ce que je veux créer, et moins sur ce qui semble poser problème.

Ce que je résume en ces mots:

Créer plus, réagir moins

Réaction: Force qu’un corps agissant sur un autre détermine en retour chez celui-ci. Et aussi: Réponse à une action par une action contraire tendant à l’annuler.

Tout le contraire de la liberté. Un phénomène extérieur se produit, et hop! Je réagis mécaniquement dans une tentative de retrouver mon équilibre ou mon bien-être.

Création: Action de donner l’existence, de tirer du néant. Et aussi: Action de faire, d’organiser une chose qui n’existait pas encore.

milkyway

Deux modes d’opération

Face à n’importe quelle circonstance, deux façons principales de se situer, deux « modes d’opération »:

  • Résolution de problème
  • Expression créatrice

Autrement dit, on peut réagir à ce qu’on perçoit comme un problème ou une menace, et tenter de le « résoudre » par notre réaction…

Ou on peut placer notre attention sur ce qu’on souhaite créer qui n’existe pas encore ou qui n’existe qu’en germe à l’intérieur de nous, et qui cherche à s’accomplir.

Cette lettre, Merveille, se veut d’abord et avant tout une apologie de la création, une exhortation à ne pas se laisser hypnotiser par tout ce qui nous pousse à la réaction.

Mais les problèmes ont la vie dure

Je travaille avec des artistes entreprenants, des entrepreneurs qui ont le coeur en bandoulière. Quand ils viennent me voir ils sont presque toujours obsédés par un problème. Ou deux. Ou trois. De gros problèmes bien épineux, bien juteux, du genre qui ne se règlent pas, qui persistent année après année.

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À l’intérieur… Dépression. Procrastination. Incapacité à finir ce qui est commencé. Culpabilité. Manque de confiance en soi. Anxiété. Isolement. Manque de sens. Blocage.

Ou à l’extérieur… Relation conflictuelle. Manque d’argent. Cul-de-sac professionnel. Surcharge de travail. Environnement sur-stressant ou aliénant.

Et ils portent dans le secret de leur coeur la honte et le découragement de n’être jamais parvenu à remporter le combat contre le(s) problème(s).

Ils ont beau être des créateurs dans l’âme, ils restent hypnotisés par les problèmes et leur gros air menaçant.

Plénitude et créativité

Au bout du compte, donc, je veux cela — pour moi-même, pour toi, pour les autres.

Plus de création, moins de réaction.

Conscience de la plénitude, capacité de créer.

Il me semble qu’un monde peuplé de gens équipés de la sorte serait un monde dans lequel il ferait vraiment bon vivre.

Et c’est un monde que j’ai envie de participer humblement à bâtir.

Puisses-tu créer ce que tu aimes,

Yan

photos: Bill Shupp, DerrickT, Steve took it

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