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février 3, 2015

Ça marche toujours

Merveille,

Ça fait un bout de temps, non? Me revoilà — et voici ce que j’ai à partager aujourd’hui:

Quand je suis frustré parce que quelque chose ne se passe pas comme je voudrais, j’ai tendance à m’exclamer: « Ça ne marche pas! »

Mais ce n’est pas vrai. En fait, « ça » marche toujours comme c’est supposé marcher. Dans tous les domaines.

C’est moi qui ne voit pas bien comment la chose est structurée pour fonctionner exactement de cette façon, et pas autrement.

L’histoire que je me raconte GARANTIT que les choses se passent de la sorte. La plupart du temps je me raconte cette histoire en boucle, encore et encore, selon un mécanisme aussi précis qu’une montre suisse… Si bien que j’obtiens toujours le même résultat.

Mécanique implacable, dont on ne viendra pas plus à bout en redoublant d’effort qu’en se plaignant toute la journée.

Si les choses se passent autrement que, selon moi, elles devraient se passer, eh bien c’est que je ne raconte pas l’histoire que je pensais être en train de raconter.

Cette année, par exemple, je me suis raconté l’histoire du type qui est tellement occupé par deux cent mille choses qu’il n’a « pas eu le temps » de compléter son livre. Pourquoi? Parce que dans cette histoire je me raconte (entre autres) que:

  • la masse du premier jet est imposante et difficile à manier
  • J’ai besoin de m’occuper de X et de Y avant de m’y remettre
  • À raison d’une heure ou deux par jour ça va me prendre un temps fou
  • Je suis trop préoccupé par Z donc je ne suis pas en mesure de me concentrer là, tout de suite
  • Je n’ai pas travaillé au livre depuis plusieurs mois, donc j’ai perdu le fil
  • Etc.

Autrement dit: « ça va être difficile et pénible ». Ce qui rend la perspective de retourner au livre à peu près aussi excitante que l’idée de s’asseoir en shorts dans la slotch.

Mais ce n’est pas tout. Dans cette histoire — et c’est la partie que j’ai moins aisément tendance à voir — la structure même de mes journées rend difficile et improbable tout changement à ce tableau. La rivière coule toujours de la façon qui lui est la plus aisée… Et au cours des derniers mois, mon existence quotidienne ne faisait PAS de place à ce livre en chantier.

Qu’est-ce qui va permettre autre chose?

Poser les bonnes questions, et prendre le temps d’y répondre.

Celle-ci par exemple:

Quelle est l’histoire de celui pour qui XYZ est facile et joyeux?

(Comme le livre parle justement des histoires qu’on se raconte, partager quelques idées comme je le fais maintenant est une excellente façon de me remettre en selle joyeusement et légèrement 🙂

Et aussi:

Qu’est-ce qui rendrait le résultat inévitable?

Dans le cas de mon livre, la réponse la plus évidente est très simpement de m’assurer que j’oeuvre chaque jour.

Et de ne PAS arrêter tant que je ne suis pas arrivé au bout. Je mets le mot en majuscules à mon intention: même si je sais pertinemment que la meilleure façon de transformer un projet excitant en marécage glauque est de détourner mon attention plus de quelques jours, je suis tombé encore dans le piège. Et maintenant mes bottes sont toutes engluées.

Si je veux autre chose, il faut que je fasse autre chose.

Ben oui. Pourquoi faut-il tant de temps pour apprendre les choses les plus simples?

Yan