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novembre 30, 2014

Au coeur

Merveille,

J’étais assis ce matin et j’avais le coeur qui se dilatait… Gros d’un amour presque douloureux pour le monde et tout ce qui y est contenu, pour tout ce qui est vivant, tout ce qui souffre, espère, bouge, parle, danse…

Cela vient toujours comme une surprise, alors que je ne fais rien sinon prendre conscience de ce qui vibre en-dedans et en-dehors.

Et alors, quand cela arrive, je ne sais rien d’autre que cette éclosion dans ma poitrine qui englobe tout dans le petit matin, dans ce moment qui n’a pas encore été réclamé par le tourbillon du jour. Qui me laisse simplement heureux et gonflé de gratitude du pur fait d’être vivant.

Quand cela vient, rien d’autre n’est requis, tout est surplus dans un réel déjà surabondant, cadeau inouï qu’il m’est pour le moment donné de recevoir et au déploiement duquel j’ai le privilège d’assister.

Puis j’entre dans le jour, je me remets en mouvement en traînant dans mon sillage un peu de lumière. J’ai un léger sourire au lèvre, comme si j’étais au courant de quelque secret qui m’aurait été murmuré.

Plus tard, et sans trop que je m’en rende compte, le soleil finit par être voilé. Quelques heures sans cette conscience et c’est comme si je n’avais jamais eu sa chaleur sur ma peau, comme si la seule option était de se hâter et de s’affairer pour éviter d’avoir trop froid.

Pourtant c’est toujours là. C’est là en ce moment même.

Yan